Il y a des phrases qui dérangent, parce qu’elles bousculent des idées simples, rassurantes, mais fausses. Dire qu’il n’y a pas de paresseux en fait partie. Pendant longtemps, la paresse a servi d’explication facile. Vous ne faites pas ce que vous avez à faire ? C’est que vous êtes paresseux. Vous repoussez ? Donc, vous manquez de volonté. Vous hésitez ? Alors vous n’êtes pas assez motivé. C’est facile, aisé, presque confortable. Et pourtant, ce n’est pas juste.
Dans mon travail, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui ne voulait rien faire. En revanche, j’ai reçu des personnes fatiguées, perdues, débordées, exigeantes, inquiètes, parfois même brillantes… mais bloquées. La nuance est essentielle car si vous vous définissez comme paresseux, vous vous condamnez. En revanche, si vous commencez à comprendre ce qui se joue réellement, alors vous pouvez agir différemment. Et je ne parle pas ici d’un shot mais d’installation dans le temps.
La procrastination n’est pas un problème de volonté
On croit souvent que pour agir, il faut plus de discipline. Qu’il vous faut faire plus d’efforts et avoir encore plus de contrôle. Pourtant, dans la réalité, cela fonctionne rarement sur la durée. La volonté est une ressource fragile. Elle fluctue, elle s’épuise, elle dépend du contexte. Vous pouvez être extrêmement volontaire dans certains domaines et totalement bloqué dans d’autres.
Lorsque vous procrastinez, ce n’est pas parce que vous êtes incapable d’agir. C’est parce qu’une partie de vous ne trouve pas suffisamment de sens, de sécurité ou de clarté dans l’action à mener. Ce n’est pas un manque d’énergie. C’est un conflit intérieur. Et tant que ce conflit n’est pas identifié, vous pouvez multiplier les techniques, les méthodes, les outils… sans résultat durable.
Ce que cache réellement la “paresse”
Derrière ce mot, il y a souvent autre chose. Parfois, c’est un manque de sens. Vous faites quelque chose qui ne vous correspond pas vraiment. Vous avancez, mais sans élan et sans adhésion. Alors vous ralentissez, vous repoussez et vous contournez la chose.
Parfois, c’est de la peur de mal faire ou d’échouer. Dans d’autres cas, c’est la peur de réussir qui prend le dessus. Car réussir implique de changer, de s’exposer, de prendre une autre place. Réussir c’est également endosser des responsabilités.
Il arrive que cela soit de la fatigue. Une fatigue mentale, émotionnelle, accumulée. Dans ces moments-là, votre système ne vous empêche pas d’agir par faiblesse. Il vous protège. Oui, cela peut vous paraitre étonnant, et pourtant comprendre que ce système à une action positive vous aide à faire un grand pas en avant.
Parfois encore, c’est un excès d’exigence. Vous voulez bien faire. Trop bien faire. Alors vous attendez le bon moment, les bonnes conditions, la bonne énergie. Et vous n’y allez pas ! Ne serait-ce pas du perfectionnisme ?
Dans tous les cas, il ne s’agit pas de paresse, il s’agit d’un message qu’il vous faut en quelque sorte décoder !

Comprendre avant d’agir
Vous voulez agir sans comprendre ? C’est comme vouloir courir avec un caillou dans la chaussure. Vous pouvez avancer un moment, mais cela finira par vous ralentir. Ce que je propose dans mon accompagnement, c’est justement ce temps d’arrêt. Ce moment où l’on observe, où l’on met des mots et où l’on clarifie sa situation.
Parce que lorsque vous comprenez ce qui vous freine, l’action devient plus simple et plus naturelle. Elle ne demande plus un effort constant. Elle s’inscrit dans une logique cohérente avec ce que vous êtes et ce que vous voulez.
Reprendre la main sur vos actions
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un de plus motivé. Il s’agit de devenir quelqu’un de plus lucide. La motivation viendra ensuite. Comme une conséquence, pas comme un préalable.
Lorsque vous remettez du sens dans vos actions, lorsque vous ajustez vos exigences, lorsque vous comprenez vos mécanismes, quelque chose change. Vous ne vous forcez plus. Vous avancez. Et cette nuance est fondamentale.
En une phrase
Vous n’êtes pas paresseux. Vous êtes en train de composer avec quelque chose qui mérite d’être compris.
Et maintenant ?
Si vous vous reconnaissez dans ces mécanismes, alors il est peut-être temps d’arrêter de vous juger… et de commencer à vous comprendre.
C’est ici que se trouve le cœur de mon travail : vous aider à clarifier ce qui se joue pour vous, afin que vous puissiez retrouver un rapport plus simple, plus juste et plus durable à l’action.
Je vous reçois en visio ou en présentiel à Sierre (séances de coaching, préparation mentale et hypnose thérapeutique).
Suggestions utiles
- Entourez-vous de gens qui vous tirent vers le haut, que ce soit par les médias, la technologie, ou autrement. L’amour, le soutien et les encouragements des autres vous motiveront à aller de l’avant.
- Lorsque vous vous sentez paresseux, buvez de l’eau froide. L’eau stimule le cerveau et la volonté de bouger et de faire les choses.
- Lorsque vous vous demandez si vous devriez faire quelque chose, dites-vous “Je vais faire ce que j’ai à faire, pour pouvoir ensuite faire ce que j’ai envie de faire“.
- Essayez la technique 20/10. Dédiez 20 minutes à l’accomplissement d’une tâche (nettoyer, étudier, etc.), suivi d’une pause de 10 minutes. Vous pouvez préférer 45/15, ou commencer par 10/5.
- Si vous ne travaillez pas ou ne devez pas partir tôt le matin, réglez tout de même votre réveil à une heure raisonnable, disons 7 heures. Douchez-vous, habillez-vous et rendez-vous présentable avant de sortir de votre chambre. Habillez-vous toujours comme si vous aviez prévu de sortir de la maison, ne passez pas la journée en pyjama. Faites votre lit afin de ne pas succomber à l’envie de retourner vous coucher. Faites en sorte que votre chambre ne paraisse pas négligée.
Sélection d’articles sur la paresse sociale et la procrastination
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paresse_sociale
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/bien_dans_sa_peau/9801-procrastination.htm





derrière ma paresse et ma procrastination il y a une espèce de sentiment que de toute façon ce que je fais il faudra le refaire et c’est toute la condition humaine, le mythe de Sisyphe : il faut remonter la pierre et faudra la remonter à chaque fois , c’est ce manque de sens qui fait cette procrastination..
quand par exemple je vais recevoir quelqu’un chez moi je suis tout à fait capable de faire tout un tas de choses pour rendre ma maison agréable mais quand je suis toute seule je n’ai plus aucune raison alors je repousse les choses à faire et je préfère faire de l’italien, peindre, caresser mon chat, ce genre de choses agréables.
je sais qu’en moi il y a un petit fond de dépression, je suis isolée socialement volontairement d’ailleurs, je ne supporte pas tout le monde ou je me sens complètement transparente avec les gens, je me trouve pas intéressante, je me trouve inférieure sous bien des aspects… il y a aussi cette pensée qu’il me reste pas tellement à vivre et au contraire je devrais être plus motivée et ne pas perdre de temps. c’est vrai que quand je passe à l’action je suis contente de moi, et ça me fait du bien donc je vais essayer de le faire pour que ça me fasse du bien… merci pour cet article 🙂
Merci beaucoup pour votre message, il est empreint d’une grande lucidité et d’une sincérité touchante. Ce que vous décrivez résonne avec ce que beaucoup de personnes ressentent : ce sentiment de tourner en rond, de manquer de sens, et d’avoir du mal à se mobiliser pour soi-même alors que l’on trouve plus facilement l’énergie quand c’est pour les autres.
Le mythe de Sisyphe illustre bien cette impression d’absurdité, mais peut-être que l’on peut aussi le voir autrement. Ce n’est pas tant le fait de devoir refaire les choses qui pose problème, mais la manière dont on les vit. Chaque petit acte du quotidien peut être vu comme une corvée ou, au contraire, comme une façon de prendre soin de soi, de marquer son existence, d’ancrer une présence dans le monde. Ce n’est pas facile, bien sûr, mais votre message montre que vous êtes déjà consciente de ce qui vous fait du bien : passer à l’action vous procure une satisfaction, et c’est une piste précieuse.
Vous mentionnez aussi un isolement social que vous avez choisi, mais qui semble parfois peser sur votre perception de vous-même. Il n’est pas nécessaire d’être entouré de beaucoup de monde pour se sentir exister, mais il peut être important d’avoir au moins quelques liens nourrissants, même petits. Parfois, une simple interaction ou une activité partagée, même ponctuellement, peut redonner un peu d’élan.
Enfin, vous soulignez un point essentiel : le temps qui passe et l’envie de ne pas le gâcher. Peut-être que la clé est là : se demander non pas ce que l’on “doit” faire, mais ce qui pourrait nous apporter un petit plus, ce qui pourrait enrichir la journée, même à petite échelle. Vous aimez peindre, apprendre l’italien, passer du temps avec votre chat… Et si chaque petite chose accomplie pour votre espace de vie devenait une façon de cultiver cet élan-là, pour vous, comme un cadeau que vous vous faites ?
En tout cas, merci encore pour votre partage, et bravo pour votre envie d’essayer. C’est souvent dans cette envie, même fragile, que se trouve la première impulsion pour aller un peu plus loin.