Selon plusieurs études en psychologie, le self-control (la capacité à se contrôler) varie fortement en fonction de la fatigue, de l’environnement et du sens que l’on donne à une tâche. Autrement dit, la discipline n’est pas un bloc solide sur lequel on peut toujours s’appuyer. Elle dépend de nombreux facteurs, souvent invisibles. Cela explique pourquoi certaines personnes peuvent être très rigoureuses dans un domaine… et totalement bloquées dans un autre.
C’est dans ce contexte que la notion de self-control revient souvent lorsque l’on parle de procrastination. Elle est utile, mais elle ne suffit pas à expliquer ce qui se joue réellement.
L’histoire de vie de Jack London
Je regardais sur Arté un reportage consacré à la vie de l’écrivain (aventurier, homme politique, voyou, vagabond, autodidacte, reporter, ouvrier, étudiant, journaliste…) Jack London. Apparemment, il n’était pas procrastinateur !
Derrière l’apparent succès se cachait aussi beaucoup de souffrances, des coups durs, l’alcoolisme, la difficulté d’être père, les dettes, la maladie.
Mais il y avait aussi chez cet homme une valeur de liberté forte. Une envie de manger l’existence. C’était un passionné, un curieux. Il se nourrissait de ses expériences qui lui permettaient d’avancer.
J’ai été touché par sa force et sa détermination à devenir écrivain. En côtoyant la pauvreté et ses effets sur le corps des ouvriers, il décida d’utiliser plus son cerveau que son physique. Au fond… ce qu’il tenta de fuir le rattrapa…
Sa discipline d’écrire au moins 1000 mots par jour m’a aussi impressionné.
Ce qui est intéressant dans cet exemple, ce n’est pas seulement la discipline. C’est le rapport à la vie, l’intensité, la curiosité et l’engagement. Ce qu’il faut savoir, c’est que la discipline n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large et est soutenue par quelque chose de vivant.
Quelques rappels sur la procrastination
Derrière ce mot se cachent en fait plusieurs peurs : peur de l’échec, peur du succès, peur de la séparation, peur de perdre son autonomie…
Votre histoire, dont les influences parentales, vous invite plus ou moins fortement vers des phases de procrastination : parents perfectionnistes, qui contrôlent, qui sèment le doute…
Des aspects comme une estime de soi basse, un manque de confiance, la fatigue, un manque de formation… peuvent eux aussi jouer un rôle prépondérant.
Ces éléments montrent donc que la procrastination ne peut pas être réduite à un simple manque de volonté. Elle est souvent le résultat d’un ensemble de facteurs qui interagissent entre eux. Tant que ces facteurs ne sont pas identifiés, la discipline seule a du mal à tenir dans le temps.

Des outils pour rester focalisé sur les tâches primordiales
Lors de mes ateliers et conférences sur le thème de la procrastination, j’aborde une multitude d’outils simples et pratiques à mettre en place :
- Faire des listes
- Clarifier correctement les objectifs
- Définir entre 3 et 5 objectifs réalistes et réalisables par jour
- Mettre en place des rituels
- Suivre la méthode pomodoro
- Utiliser le feedback en fin de journée
- Se servir de l’outil Just Start It !
- Etc…
Ces outils ont une vraie utilité. Ils structurent l’action, ils donnent un cadre, ils facilitent le passage à l’acte. Toutefois, leur efficacité dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés. Lorsqu’ils sont alignés avec ce que vous vivez, ils deviennent puissants. Lorsqu’ils sont utilisés comme une contrainte supplémentaire, ils peuvent perdre de leur impact.
Le self-control
Votre discipline interne est primordiale pour lutter contre la procrastination ! Entre vos émotions, vos pensées et votre dialogue intérieur, il y a un joli travail sur vous à effectuer.
- Repérez vos émotions, vos pensées et la manière dont vous vous parlez lors de votre manque d’envie de faire les choses importantes.
- Ne vous jugez pas durement. Soyez spectateur de ce qui se passe en vous avant de devenir acteur et reprendre le contrôle.
- Prenez conscience qu’en reportant au lendemain et qu’en repoussant encore et encore vous allez vous créer plus de stress.
- Changez petit-à-petit vos pensées limitantes en pensées plus positives qui vous donneront l’envie d’avancer.
- Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ! Repensez aux 1000 mots de Jack London…
Le self-control prend ici tout son sens : il ne s’agit pas seulement de se forcer, mais de se connaître, de s’observer et d’ajuster progressivement sa manière d’agir. C’est évidemment un travail plus fin qu’une simple injonction à “faire plus”.

Ce que cela change concrètement
Lorsque vous reliez discipline, compréhension et outils, votre rapport à l’action évolue. Vous ne vous contentez plus d’essayer de vous contrôler. Vous développez une manière plus stable et plus cohérente d’avancer.
Ce n’est pas forcément plus rapide au départ, mais c’est plus solide. Et surtout, cela tient dans le temps.
En une phrase
Le self-control soutient l’action, mais c’est la compréhension de ce qui se joue qui permet de la rendre durable.
Et maintenant ?
Si vous avez déjà essayé de vous forcer sans résultat durable, alors il peut être utile d’aborder les choses autrement. Prendre le temps de comprendre vos mécanismes permet souvent de retrouver une manière plus simple et plus fluide d’agir.
Si ce texte fait écho à ce que vous vivez, vous pouvez approfondir ce travail. Une séance permet de clarifier rapidement ce qui freine réellement et de remettre du mouvement là où cela bloque.





Laisser un commentaire
Participez-vous à la discussion?N'hésitez pas à contribuer!