Vous avez travaillé toute la journée. Pourtant, en fermant votre ordinateur, vous auriez du mal à expliquer ce qui a réellement avancé. La matinée est passée entre un problème sur votre site, des justificatifs à retrouver et un message auquel il fallait répondre. Ensuite, vous avez retouché votre présentation, regardé ce que proposent vos concurrents et essayé de préparer une publication. Le travail pour lequel vous avez choisi de vous mettre à votre compte attendra encore.
Pendant ce temps, les revenus restent insuffisants. Vous calculez ce qui devrait rentrer, ce qui doit sortir, ce que vous pourriez décaler. Puis quelqu’un vous demande si « votre petite activité marche bien ». Vous répondez rapidement, parce que vous n’avez ni l’envie de vous justifier ni l’énergie de raconter tout ce que cette question remue.
Vous aimez peut-être encore profondément votre métier. Cependant, vous commencez à redouter les journées qui l’entourent. Et cette pensée vous inquiète : comment continuer à faire vivre une activité lorsque vous perdez peu à peu l’envie de vous y consacrer ?
Quand travailler à son compte devient lourd à porter
Le manque de motivation d’un indépendant peut recouvrir des réalités très différentes : des efforts sans résultats suffisants, une accumulation de responsabilités, un éloignement du cœur de métier ou la solitude devant les décisions. Avant de vous demander comment retrouver de l’élan, il faut regarder ce qui vous en prive.
Car vous pourriez remplir votre agenda de nouvelles résolutions et conserver exactement les mêmes difficultés. Si votre quotidien vous décourage, ajouter des exigences risque surtout de rendre vos journées plus pénibles. Pour avancer, vous avez besoin de comprendre ce qui doit changer dans votre manière de travailler, dans vos choix ou dans le soutien dont vous disposez.
Quand les finances ne suivent pas, l’envie finit par en souffrir
Au début, vous acceptez les efforts supplémentaires. Vous savez qu’une activité demande du temps pour se développer. Alors vous préparez, vous investissez, vous vous rendez disponible. Chaque échange prometteur vous aide à tenir, puisque vous pouvez encore vous dire que les résultats viendront.
Cependant, lorsque les mois passent sans amélioration suffisante, cette patience devient coûteuse. Une proposition refusée ne représente plus seulement une occasion manquée. Elle vous ramène aux charges à couvrir, aux dépenses personnelles que vous limitez et à cette impression désagréable de devoir toujours attendre pour respirer.
Même les encouragements peuvent finir par vous agacer. Entendre que vous faites « un beau métier » ne change pas ce que vous pouvez vous verser à la fin du mois. Vous aimeriez que la qualité de votre travail se traduise aussi par une vie matériellement plus tranquille.
Vouloir vivre correctement de votre activité fait partie du projet. Vous n’avez pas à vous sentir moins engagé parce que l’argent vous préoccupe. En revanche, cette préoccupation mérite un examen concret : quelles prestations trouvent des clients, lesquelles vous occupent sans vous rémunérer suffisamment, quelles démarches commerciales restent en attente ? Ces questions demandent parfois l’aide d’un professionnel de la gestion. Aucune injonction à penser positivement ne peut les régler à votre place.
Vous exercez tous les métiers, sauf celui que vous avez choisi
Vous vous êtes installé pour conseiller, créer, accompagner, concevoir ou transmettre. Désormais, certaines journées vous demandent surtout de comprendre une interface, comparer des logiciels et chercher pourquoi un formulaire ne fonctionne plus.
Bien sûr, une activité indépendante comporte de l’administration et du développement commercial. Vous le saviez. Ce que vous n’aviez peut-être pas mesuré, c’est la place que ces obligations prendraient dans votre attention, y compris en dehors des heures de travail.
À force, vous terminez des semaines entières sans retrouver ce plaisir particulier d’avoir bien exercé votre métier. Vous avez beaucoup fait, mais rarement ce qui vous donne le sentiment d’être à votre place. Le découragement devient alors compréhensible : votre quotidien vous éloigne de ce qui vous avait donné envie de le choisir.
Avant d’ajouter une nouvelle méthode d’organisation, regardez votre dernière semaine. Quelles tâches étaient indispensables ? Lesquelles pourraient être simplifiées, regroupées ou abandonnées ? Peut-être entretenez-vous un canal de communication qui ne vous apporte presque rien. Peut-être cherchez-vous un niveau de finition inutile pour un document interne. Lorsque déléguer dépasse vos moyens, réduire certaines exigences reste une possibilité à examiner.
Le manque de sens s’installe parfois dans les compromis
Vous pouvez aimer votre métier et ne plus aimer la façon dont vous devez l’exercer. Accepter des missions éloignées de vos envies, consentir régulièrement des efforts non prévus ou adapter chaque proposition jusqu’à ne plus vous y reconnaître finit par laisser des traces.
Pris séparément, chaque compromis semblait raisonnable. Il fallait faire rentrer de l’argent, conserver une relation ou saisir une occasion. Pourtant, leur accumulation a peut-être construit une activité qui ressemble peu à celle que vous souhaitiez développer.
La question du sens apparaît alors un mardi après-midi, devant une tâche ordinaire : « Est-ce vraiment pour cela que je travaille autant ? » Vous pouvez aussitôt chasser cette pensée, parce que vous avez des obligations. Elle reviendra néanmoins si rien ne change.
Pour l’examiner, partez de situations précises. Parmi vos dernières missions, laquelle vous a intéressé ? Avec quel type de client avez-vous apprécié travailler ? Qu’avez-vous accepté en sachant déjà que vous le regretteriez ? Vos réponses peuvent faire apparaître un ajustement possible, sans exiger une réinvention complète de votre vie professionnelle.
Les doutes débordent facilement sur votre valeur personnelle
Lorsque vous portez votre activité seul, il devient difficile de garder une distance entre ses résultats et l’idée que vous vous faites de vous-même. Un mois creux peut vous amener à remettre en question des compétences que vous exerciez pourtant avec assurance quelques semaines auparavant.
Vous observez alors ceux qui semblent réussir. Leurs annonces, leurs projets et leurs agendas remplis prennent beaucoup de place dans votre regard. Vous connaissez vos propres hésitations dans les moindres détails ; chez eux, vous voyez surtout ce qu’ils choisissent de montrer.
Progressivement, le doute peut modifier vos comportements. Vous attendez avant de présenter une offre, vous baissez un tarif avant même qu’il soit discuté, vous laissez passer une rencontre parce que vous ne vous sentez pas assez crédible. Ces retraits réduisent les occasions d’obtenir des informations utiles sur votre marché.
Pour retrouver un peu de précision, décrivez les faits sans vous juger. « Deux propositions n’ont pas reçu de réponse » permet d’examiner les destinataires, le contenu et la suite à donner. « Je ne suis pas fait pour cela » ferme la réflexion sur l’ensemble de votre avenir. Votre situation mérite mieux qu’un verdict prononcé au terme d’une mauvaise journée.
L’entourage voit votre liberté, beaucoup moins vos soucis
De l’extérieur, votre indépendance peut sembler enviable. Vous choisissez vos horaires, vous organisez votre travail, vous n’avez pas de supérieur auquel demander une autorisation. Vos proches peuvent sincèrement penser que vous disposez d’une grande liberté.
Ils voient moins facilement les calculs que vous refaites le soir, les décisions auxquelles vous pensez pendant le repas ou l’inquiétude qui accompagne un rendez-vous annulé. Une plage vide dans votre agenda leur paraît disponible ; pour vous, elle représente peut-être du revenu manquant.
Les incompréhensions se glissent ainsi dans des remarques banales. On vous sollicite parce que vous êtes à la maison. On vous conseille de vous détendre alors que vous cherchez comment remplir le mois suivant. Parfois, on s’inquiète pour vous en suggérant de « trouver quelque chose de plus stable », et vous entendez une remise en cause de tout ce que vous construisez.
Votre entourage ne devinera pas nécessairement ce dont vous avez besoin. Vous pouvez le formuler : « J’aimerais pouvoir parler de cette période sans que nous cherchions immédiatement à décider si je dois arrêter. » Ou demander que certaines heures soient respectées comme du temps professionnel. Une demande explicite donne à l’autre une possibilité concrète de vous soutenir.
S’occuper permet aussi d’éviter ce qui fait peur
Dans ces périodes, la procrastination peut prendre une apparence très sérieuse. Vous améliorez un support, suivez une formation ou réorganisez vos dossiers. Ces tâches ont parfois leur utilité. Cependant, elles peuvent aussi occuper la place d’une démarche plus inconfortable.
Contacter une entreprise vous expose à une réponse. Proposer votre prestation vous oblige à annoncer un prix. Reprendre vos chiffres peut vous conduire à reconnaître qu’une offre demande trop de travail pour ce qu’elle rapporte. À côté, modifier votre page de présentation paraît plus rassurant.
Le problème commence lorsque la préparation se prolonge sans déboucher sur une confrontation avec la réalité. Vous restez occupé, tandis que les questions importantes demeurent ouvertes.
Demandez-vous alors : « Qu’est-ce que cette tâche me permet de faire, et qu’est-ce qu’elle me permet de repousser ? » La réponse peut être embarrassante. Elle peut aussi vous aider à choisir la prochaine démarche avec davantage d’honnêteté, sans condamner toute votre journée.
Avancer demande parfois de changer les conditions
Vous pouvez décider de poursuivre votre activité tout en reconnaissant que son fonctionnement actuel vous épuise. Cette reconnaissance ouvre des choix : réduire une prestation, revoir une limite, chercher un partenariat, conserver un revenu complémentaire ou demander un avis extérieur sur une décision.
Dépasser vos difficultés ne vous oblige pas à supporter indéfiniment les mêmes conditions. La persévérance devient plus utile lorsqu’elle s’accompagne d’ajustements et de points de contrôle. Sinon, vous risquez de mesurer votre engagement au nombre de sacrifices que vous acceptez encore.
Par ailleurs, tout ne relève pas de la motivation. Une demande insuffisante, une offre mal comprise ou une organisation trop coûteuse appellent des réponses adaptées. Le travail sur votre passage à l’action peut vous aider à engager ces démarches ; il ne remplace pas leur contenu.
Vous avez donc le droit de revoir votre manière d’exercer. Ce changement peut même être ce qui vous permettra de continuer à apprécier votre métier.
Une semaine pour remettre du concret dans votre activité
Lorsque tout semble pesant, « relancer mon entreprise » constitue un objectif trop vaste pour guider une matinée. Choisissez plutôt un problème dont le traitement pourrait améliorer votre semaine.
Notez ce qui vous préoccupe le plus, puis distinguez ce qui demande une action, une décision ou une aide extérieure. Si vous manquez de demandes, une première démarche pourrait être de reprendre contact avec un ancien client pour comprendre ses besoins actuels. Si l’administratif déborde, vous pourriez réserver un créneau pour traiter une seule catégorie de documents.
Précisez ensuite ce que vous ferez, quand et jusqu’où. Prévoyez également un moment consacré à votre cœur de métier : préparer une intervention, travailler une création, approfondir un dossier client. Votre semaine doit aussi contenir ce qui vous permet d’éprouver la valeur du travail que vous aimez.
Enfin, fixez un bilan court. Qu’avez-vous effectué ? Qu’avez-vous appris ? Quelle suite semble justifiée ? Un message envoyé ne garantit pas une mission. Il vous permet néanmoins de quitter une attente silencieuse pour engager un échange dont vous pourrez tirer quelque chose.
Un appui pour travailler sur ce qui vous retient
Il arrive que vous sachiez très bien quelle démarche engager et que vous continuiez à la repousser. Vous avez déjà réfléchi, pris des notes, essayé de vous raisonner. Pourtant, au moment prévu, vous repartez vers autre chose.
C’est sur ces situations que je vous propose de travailler. Coach depuis 2008, spécialisé dans l’accompagnement de la procrastination depuis 2017, je vous accompagne pour préciser votre difficulté, examiner ce qui vous retient et engager des actions adaptées à votre réalité.
Avec la formule VIP, nous consacrons trois heures en présentiel à Sierre à une difficulté concrète. Vous pouvez venir avec une démarche que vous évitez, une décision qui reste en suspens ou un projet auquel vous n’arrivez plus à vous remettre.
Vous n’avez pas besoin d’avoir retrouvé toute votre motivation pour prendre contact. Expliquez-moi ce qui pèse aujourd’hui sur votre activité et ce que vous aimeriez enfin faire avancer. Nous aurons déjà de quoi commencer à travailler.
Par Stéphane Abry, coach à Sierre, spécialisé dans l’accompagnement de la procrastination.


