Lorsque j’accompagne une personne qui procrastine, je constate presque toujours la même chose : la difficulté à agir ne vient pas seulement d’un problème d’organisation. Bien sûr, la gestion du temps joue un rôle. Cependant, ce qui se cache derrière les blocages est souvent beaucoup plus profond. En réalité, notre manière d’agir ou de remettre à plus tard dépend en grande partie de notre style psychologique face au stress, aux objectifs et aux relations humaines.
C’est précisément ce que certains chercheurs ont tenté de comprendre dès les années 1950 en étudiant le lien entre personnalité, comportement et santé. Les cardiologues Meyer Friedman et Ray H. Rosenman ont ainsi décrit deux profils bien connus : les personnalités de type A et de type B. Par la suite, d’autres chercheurs ont enrichi cette typologie avec deux autres styles comportementaux : les types C et D.
Bien entendu, personne n’entre parfaitement dans une seule catégorie. Nous sommes tous un mélange de tendances. Néanmoins, ces profils permettent de mieux comprendre pourquoi certaines personnes passent immédiatement à l’action alors que d’autres repoussent encore et encore ce qu’elles savent pourtant important.
Je vous propose donc d’explorer ces quatre styles psychologiques. Pour chacun d’eux, je décris les caractéristiques principales et je vous montre un comportement concret afin de mieux comprendre comment chaque profil peut favoriser ou alimenter la procrastination.

Le type A : l’action permanente…
Et la procrastination du perfectionnisme
La personnalité de type A est souvent associée à une forte intensité intérieure. Les personnes qui présentent ce profil ont généralement un rapport très dynamique à l’action et aux objectifs.
On observe fréquemment :
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un fort besoin de réussite
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une grande impatience
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un sens aigu de l’urgence
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un perfectionnisme important
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une forte compétitivité.
Ces personnes avancent vite. Elles aiment produire, créer, construire et progresser. Pourtant, paradoxalement, je rencontre aussi beaucoup de procrastinateurs parmi les profils de type A.
La raison est simple : l’exigence intérieure devient parfois paralysante.
Comportement type
Alain dirige un service dans une entreprise. Sa journée est dense. Il enchaîne les réunions, gère plusieurs projets et répond rapidement aux sollicitations.
Cependant, certains dossiers restent bloqués depuis plusieurs semaines. Par exemple, il doit préparer une conférence importante.
Chaque fois qu’il pense à ce travail, il se dit :
« Ce n’est pas encore assez structuré. »
« Il faut que ce soit impeccable. »
Alors il repousse le moment de s’y mettre vraiment.
La procrastination du type A n’est donc pas liée à la paresse. Elle est souvent liée au perfectionnisme et à la pression intérieure.

Le type B : la sérénité… et la procrastination par manque d’urgence
À l’opposé du type A, on trouve la personnalité de type B. Ce profil se caractérise par une relation beaucoup plus détendue au temps et à la compétition.
Les personnes de type B présentent souvent :
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une bonne capacité à relativiser
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une faible agressivité
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une grande tolérance à l’attente
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un rapport apaisé au travail.
Elles savent profiter du moment présent et prennent le temps d’apprécier les choses.
Cependant, cette tranquillité intérieure peut parfois conduire à une procrastination liée à l’absence de pression.
Comportement type
Sophie est graphiste indépendante. Elle aime son métier et travaille efficacement lorsque les échéances approchent.
Lorsqu’un projet doit être livré dans deux semaines, elle se dit :
« J’ai encore largement le temps. »
Elle commence donc par d’autres activités :
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lire quelques articles
-
répondre à des messages
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faire une promenade.
Puis les jours passent.
Ce n’est qu’à l’approche de la date limite qu’elle se met réellement au travail.
Le type B agit souvent très bien… mais seulement lorsque l’urgence devient réelle.

Le type C : la personne qui dit oui… et qui s’oublie
La personnalité de type C est beaucoup moins connue, pourtant je la rencontre très souvent dans mes accompagnements.
Ce profil se caractérise par une forte orientation vers les autres et une grande recherche d’harmonie relationnelle.
On observe généralement :
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une difficulté à dire non
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une forte capacité d’adaptation
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un évitement des conflits
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une tendance à intérioriser les émotions.
Ces personnes sont souvent très appréciées dans leur entourage. Elles sont serviables, fiables et attentives aux besoins des autres.
Cependant, cette qualité peut devenir un piège.
Comportement type
Claire travaille dans une administration. Dès qu’un collègue lui demande un coup de main, elle accepte.
Puis un autre collègue arrive avec un dossier urgent. Elle accepte encore.
Ensuite, son responsable lui confie une mission supplémentaire.
À la fin de la journée, Claire se retrouve avec :
-
plusieurs tâches pour les autres
-
et très peu de temps pour ses propres projets.
Résultat : certaines de ses priorités restent constamment repoussées.
La procrastination du type C vient souvent d’une difficulté fondamentale : poser des limites et protéger son propre temps.

Le type D : l’anxiété… et la procrastination par évitement
Le type D est un concept plus récent introduit par le psychologue belge Johan Denollet.
La lettre D renvoie à la notion de « distress », c’est-à-dire un état de tension psychologique durable.
Ce profil repose sur deux caractéristiques principales :
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une forte sensibilité aux émotions négatives
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une inhibition sociale importante.
Autrement dit, les personnes de type D ressentent souvent de l’inquiétude, mais elles parlent peu de leurs difficultés.
Ce fonctionnement favorise une forme très fréquente de procrastination : l’évitement face à la peur de l’échec ou du jugement.
Comportement type
Julien doit préparer un mémoire pour ses études.
Lorsqu’il pense à ce travail, plusieurs pensées surgissent immédiatement :
« Je ne suis pas assez compétent. »
« Le professeur va trouver ça mauvais. »
« Je vais me tromper. »
Ces pensées provoquent une anxiété importante.
Pour diminuer cette tension, Julien adopte une stratégie inconsciente : il évite la tâche.
Il se met alors à faire autre chose :
-
vérifier ses messages
-
regarder des vidéos
-
ranger son bureau.
Jour après jour, il repousse le moment de commencer.
La procrastination du type D est donc souvent alimentée par le doute et la peur du jugement.
Comprendre votre profil pour sortir de la procrastination
Lorsque j’observe ces quatre profils, une évidence apparaît. La procrastination n’a pas une seule origine.
Elle peut venir :
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du perfectionnisme du type A
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du relâchement du type B
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de la surcharge relationnelle du type C
-
de l’anxiété du type D.
C’est précisément pour cette raison que je ne me contente jamais de proposer des techniques d’organisation ou des méthodes de productivité. Bien sûr, elles peuvent aider. Cependant, elles restent souvent insuffisantes si l’on ne comprend pas le mécanisme psychologique qui freine l’action.
Lorsque l’on identifie son style dominant, quelque chose devient beaucoup plus clair. On comprend enfin pourquoi certaines tâches restent bloquées malgré toute la bonne volonté du monde.
Et à partir de là, il devient possible d’agir différemment.

Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces profils ?
Si vous avez l’impression de repousser régulièrement certaines décisions ou certains projets importants, il est possible qu’un de ces mécanismes soit à l’œuvre dans votre fonctionnement.
Dans mes accompagnements, je vous aide justement à identifier le moteur psychologique de votre procrastination afin de retrouver une relation plus fluide avec l’action, les décisions et les objectifs.
Si vous souhaitez avancer concrètement et comprendre ce qui bloque vraiment chez vous, je vous invite à réserver une séance d’accompagnement. Nous prendrons le temps d’analyser votre fonctionnement et de construire ensemble des stratégies adaptées à votre personnalité.
Vous pouvez prendre rendez-vous directement ici :
https://calendly.com/stephabry
Et si cet article vous a fait réfléchir, je vous invite également à le partager ou à me dire dans les commentaires quel type de personnalité vous ressemble le plus. C’est souvent la première étape vers un changement durable.





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